2 | S'entourer d'une équipe-énergie

A | S'entourer
Il est difficile de démarrer un tel projet seul.
Il est épuisant de continuellement appuyer sur l'interrupteur du couloir... qui sera rallumé 10 minutes plus tard !
Au contraire, il est bon de se sentir soutenu par des collègues qui partagent votre motivation. De trouver des complémentarités entre enseignants, de trouver le soutien d'un éducateur ou d'un membre du personnel d'entretien, lui aussi excédé du gaspillage et heureux de participer à un projet concret.
En pratique, suite à un appel auprès de personnes intéressées, un groupe de pilotage de 3 ou 4 personnes est créé au sein de l'école, réunissant des personnes de divers horizons: enseignants, représentants d'élèves, responsable technique, éducateurs, personnel d'entretien et de cuisine, personnel administratif, économe...suivant les cas.
La brochure "Réussir avec l'énergie" est disponible pour informer les collègues de la portée d'un tel projet à l'école.
Ne vivant pas à l'intérieur des murs, à première vue, ce n'est pas ici que l'association de parents sera la plus adéquate. Elle pourra être au contraire active dans la rénovation structurelle de l'école.
B | Avoir l'appui de la direction
Cette équipe sollicite un mandat clair pour définir les lignes de force d'un projet-énergie, pédagogique et citoyen, s'intégrant dans le projet d'établissement.
Il est très peu probable que la direction s'oppose à une telle démarche.
Cependant, il est important qu'elle exprime son soutien actif. Notamment parce qu'elle devra parfois faire des investissements structurels pour accompagner votre campagne de sensibilisation (acquisition de vannes de radiateurs, remplacement de lampes à incandescences, pose de fermes-portes automatiques...).
De plus, vous risquez d'être parfois « coincé » entre l'exigence d'occupants qui souhaitent des améliorations techniques rapides et la direction qui manque de moyens.
En connaissant et en diffusant les plannings d'investissement, cela permettra plus facilement à chacun d'être patient !
C | Réunir l'équipe-énergie et définir la première action
Il y a de nombreuses manières d'aborder la sensibilisation à l'énergie dans l'école :
  • manipulations au cours de sciences,
  • journée portes ouvertes sur le thème de l'énergie,
  • campagne d'affichage,
  • conférence,
  • concours d'idées entre toutes les classes,
  • audit réalisé par les élèves,
  • journée sans chauffage,
  • chasse au gaspi nocturne,
  • construction de capteur solaire au cours de technologie,
  • ...
Vous trouverez des pistes dans la rubrique "des idées à la pelle" et dans "Des écoles en action" de projets réalisés dans différentes écoles.
Il appartient à l'équipe-énergie de définir quelle serait l'action la plus adéquate en fonction des gaspillages perçus dans l'école, en fonction du temps que l'équipe est prête à consacrer à ce projet, en fonction du résultat souhaité... Il est clair qu'une conférence ne produit pas la même implication des élèves qu'un relevé des consommations des ordinateurs de l'école, wattmètre en main !
Les facilitateurs éducation-énergie peuvent participer gratuitement aux premières réunions et suggérer des pistes pour impliquer les acteurs. Ils peuvent parcourir le bâtiment avec les membres de l'équipe-énergie pour repérer des gaspillages et mettre en évidence des améliorations potentielles.
A la carte, ils pourront proposer divers outils : réalisation d'un « audit participatif » fait par les élèves, prêt d'appareils de mesure, invitation de conférenciers, information sur outils didactiques existants, appel aux associations qui peuvent réaliser des animations dans l'école...
Un premier plan d'action est élaboré.
D | La vie du groupe de travail
Chaque réunion du groupe de travail est l'occasion de faire le point sur l'avancement des travaux, de connaître l'évolution des consommations par rapport à la consommation de référence, de proposer de nouvelles actions.
L'ambiance du groupe est conviviale : c'est le plaisir d'agir qui est le moteur du groupe. Aussi, il est important de privilégier les bonnes relations, de remercier les acteurs par des petits gestes (sandwiches et café offerts sur le temps de midi, par exemple), de prendre en considération les idées de tous...
Cas vécu : il y a débat autour du logo de la campagne. Deux logos sont sur la table, de bonne qualité tous les deux. L'un d'entre eux a été proposé par un membre du groupe, l'autre vient de la direction (non présente aux réunions). Le logo de la direction est choisi. C'est une erreur psychologique. Le groupe doit avoir une autonomie d'action et valoriser la production de ses membres, afin que chacun se sente acteur du projet (à qualité jugée égale ou suffisante, bien sûr).
Plein de questions vont être posées au groupe. Par exemple :
  • Quelle communication vers les élèves (affiches, passage dans les classes, mails...) ?
  • Quelle communication vers l'extérieur (site Internet de l'école...) ?
  • Quelle communication des élèves vers le groupe (boîte à idées, forum sur un site...) ?
  • Que peut-on demander aux élèves ?
  • Quels domaines d'action ?
  • Faut-il solliciter en parallèle un audit technique fait par un bureau d'études spécialisé ?
  • Quel remerciement des élèves et des enseignants si le résultat est positif(ristourne éventuelle de 50% des économies financières vers les élèves, vers un projet alternatif d'école...) ?
  • ...
Cas vécu : dans les écoles communales de Schaerbeeck, 33% des économies sont mises dans un "pot " auxquelles les enseignants ont accès pour financer des actions liées à l'environnement avec leurs élèves (achat de matériel didactique, visites...).
Résultat : 75.000 euros d'économies en une année... (après 3 ans de ténacité de la responsable-énergie de la commune !).
E | Les 3 piliers de la motivation
Toutes les actions du groupe de travail visent à renforcer la motivation des acteurs à changer de comportement.
Or, nous sommes motivés...
  • Si nous pouvons donner de la "Valeur" à notre action.
    Agir pour l'énergie : est-ce que cela représente une "valeur" pour nos élèves ?
    Si non, comment allons-nous renforcer cette valeur ?
  • Si nous voyons clairement les "Objectifs" à atteindre.
    Idéalement, est-ce que les élèves ont pu participer à la définition des objectifs ?
    Par une enquête, par un concours inter-classes ?
  • Si on nous donne la "Capacité" d'agir.Donne-t-on les moyens pour agir ?
    Y a-t-il des vannes sur les radiateurs ?
F | L'évaluation des résultats
Sur quels critères va-t-on évaluer les résultats ?
Bien sûr, le relevé des compteurs (ou l'analyse des factures) est l'instrument le plus fiable de l'impact des actions menées.
Mais il y en a d'autres :
  • mesures de température dans les locaux (et le fait que l'on n'ouvre plus systématiquement la fenêtre quand il fait trop chaud),
  • la satisfaction des occupants en matière de confort,
  • la participation aux animations,
  • les meilleures relations entre le personnel d'entretien et les élèves,
  • l'éducation à la citoyenneté (par des prises de position en public des élèves, par exemple),
  • ...
Pour plus d'infos, voir « suivi des consommations ».
Dans tous les cas, il faut être patient.
D'expérience, nous savons que cela met du temps.
Il faut passer du sentiment : "de toute façon, l'énergie, tout le monde s'en f... ", vers un sentiment collectif du type : « c'est utile que j'éteigne la lampe, mon geste sera reconnu ».
Cette évolution prend du temps mais est réelle. Une diminution de consommation est alors atteinte. Un objectif de réduction de 15 % est couramment rencontré.

 

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